Côté enseignement.....

Parce qu'on veut partager avec vous ce qu'on a compris sur des questions qui nous turlupinent ......

Une militaire à la tête de l'action pédagogique...

La colonel Rachel-Marie Pradeilles-Duval, ingénieure en chef de l'armement vient d'être nommée cheffe du service de l'instruction publique et de l'action pédagogique à la Dgesco.

Ce poste est stratégique pour l'Education Nationale puisqu'il fait appliquer les réformes pédagogiques sur le terrain, pilote les examens, dirige les écoles et établissements du socle commun et des lycées et la formation des enseignants.

C'est la première fois que quelqu'un qui ne connaît pas l'Education Nationale est nommé à ce type de poste...  Une ouverture de l'Education Nationale à l'externe, c'est bien... mais aux militaires... ça fait drôle! A suivre

 

 

Bilan des Réseaux d'Education Prioritaire: peut encore progresser

La Cour des Comptes a rendu il y a quelques semaines son rapport sur l'efficacité du dispositif d'éducation prioritaire. Rappelons-nous. Le dispositif d'éducation prioritaire ( REP et REP+)  concerne le primaire et le collège ( et pas le lycée). Il touche environ 30% des élèves et son surcoût ( 876 €/élève) correspond à 4% du budget affecté au primaire et au collège. Il avait pour objectif de réduire les inégalités de réussite scolaire: par exemple le taux de réussite au brevet est de près de 90% dans les établissements favorisés, contre 80 à 84% dans les établissements défavorisés.

Le dispositif consiste à labelliser des établissements en REP ( réseau d'éducation prioritaire) ou REP+ ( renforcé). Il consiste en des classes à effectifs réduits ( -4 élève/classe en collège et -2 en primaire), plus de personnel de vie scolaire, des modalités pour attirer des enseignants expérimentés ( primes, plus de temps pour des projets collectifs ou des rencontres avec les parents), des méthodes pédagogiques innovantes, et un fonctionnement en réseau ( compliqué à comprendre quand on est pas du métier..)

Le constat est mitigé:

  • oui le dispositif a permis de stabiliser les écarts de niveau constatés en sixième, mais ces écarts restent très importants: entre 20 et 35% d'écarts de niveau en maths et français, écarts acquis dans le primaire. Donc s'il n'y avait rien ce serait pire encore.
  • non, le dispositif ne permet pas d'attirer et de stabiliser des enseignants chevronnés sur ces établissements
  • le dispositif n'est pas suffisamment piloté: pas de bons indicateurs, manque de cohérence, manque de suivi.
  • la mixité sociale des établissements REP, REP+  est trop faible et ils sont souvent situés sur des territoires défavorisés ( voir etude CNESCO). Or plus de mixité sociale conduit statistiquement à de meilleurs résultats et à une meilleure attractivité pour les enseignants et les familles...

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Inégalités scolaires en Ile de France

Le CNESCO ( Conseil National d'Evaluation du Système Scolaire) s'est penché sur les inégalités scolaires en Ile de France selon là où on habite, dites inégalités scolaires d'origine territoriale...Ils ont catégorisés les quartiers d'Ile de France à une maille très fine ( maille IRIS pour les connaisseurs) en: 

  • Paris et banlieues très favorisées,
  • banlieue résidentielle favorisée,
  • territoires défavorisés,
  • territoires regroupant le plus de difficultés socio-économique. Les critères sont taux de diplômés, taux de cadre, taux de diplomés du supérieur, revenu, propriétaire ou pas du logement....

Voir ici comment Champigny et Villiers, bassin de recrutement du lycée, se situent.

Le constat est navrant pour les établissements des quartiers les plus défavorisés. C'est la triple ou la quadruple peine....

  • quasi pas de mixité sociale ( voir ici, l'impact très positif de la mixité sociale)
  • 3 fois plus d'enseignants contractuels ( on ne veut bien sûr pas dire que ce sont de mauvais enseignants mais seulement qu'ils arrivent très souvent sans formation ou accompagnement pédagogique)
  • 30% d'enseignants de moins de 30 ans ( là encore ce ne sont pas de mauvais enseignants, ils sont simplement peu expérimentés)
  • 17% seulement restent plus de 8 ans dans l'établissement ( contre 28 à 30% dans les établissements des quartiers favorisés). Or la stabilité des équipes pédagogiques est majeure pour la qualité de l'enseignement.
  • 23 élèves par classe contre 25,6 dans les établissements en zone d'éducation prioritaire...

Et notre territoire à nous, il est comment?

On a vu dans des posts précédents une analyse du CNESCO sur les inégalités scolaires liées au territoires... Forcément on se demande dans quel territoire on est à Champigny ou à Villiers... La réponse... un territoire très mélangé ! Contrairement à Saint-Maur, Chennevières et Nogent qui sont intégralement vert, ie "banlieue résidentiellement favorisée"...

La carte ( nous sommes dans le "cercle" bleu...)

Territoires

 

 

Pourquoi la mixité sociale est bonne...

Quand on est parent, on a tendance à vouloir inscrire notre enfant dans un lycée qui a de très bons résultats au Bac ou qui ne se distingue pas par des faits divers dramatiques. De même en primaire et en collège, on va avoir tendance à éviter les établissements en "zone prioritaire" ( ie les établissements en réseau d'éducation prioritaire ou réseau d'éducation prioritaire renforcé, REP/REP+) car on pense que notre enfant y aura un moins bon parcours scolaire.

Or différentes études ( Eric Maurin " La nouvelle question scolaire" Août 2008, par exemple) montre que la mixité sociale est très bénéfique sur les résultats de tous les élèves. Ce qui se joue c'est l'effet d'entrainement: l'exemple d'un bon élève entraîne les autres élèves vers le haut. C'est l'effet fierté: personne n'est boosté à l'idée d'être dans un collège défavorisé ( même si l'Education Nationale fait très attention à comment elle nomme les choses). Et cela contribue aussi à un effet d'attractivité de ces établissements pour les enseignants.

L'étude du CNESCO sur l'attractivité territoriale montre par les chiffres l'effet du territoire ( et par un effet statistique, de la mixité sociale) sur les résultats des épreuves écrites au brevet ( DNB):

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JM Blanquer, les parents doivent-ils lui dire merci?

Déprimant, le budget de l'Education Nationale pour 2019:

  • 2600 postes d'enseignants supprimés dans les collèges et lycées, 600 postes de plus supprimés dans l'enseignement privé, et suppression de 400 postes administratifs, alors même que le nombre de lycéens et de collégiens augmenteront de 40 000/an entre 2019 et 2021... Quand on se rappelle que cette année les effectifs de classes de S au lycée sont de 34 élèves... cela ne va pas s'arranger...
  • certes 1900 postes supplémentaires créés dans le primaire l'année prochaine mais cela ne compense pas
  • une hausse de 800 Millions d'Euros du budget de l'Education Nationale en 2019 mais
    • l'Education Nationale reprend la gestion complète des Accompagnants d'Elèves en Situation de Handicap :soit 200 Millions d'Euros
    • le budget consacré au salaire des personnels, par le simple fait du vieillissement des personnes ( le fameux Glissement Vieillesse Technicité)  augmente de 400 Millions d'Euros

Donc au total : 800 - 200 - 400 = 200 millions d'Euros de marge de manoeuvre pour le budget de l'Education Nationale pour financer d'autres mesures.....

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