Côté enseignement.....

Parce qu'on veut partager avec vous ce qu'on a compris sur des questions qui nous turlupinent ......

Oui, on sanctionne plus en France qu'ailleurs....

D'après les études internationales ( source rapport du Sénat),

  • 50% des collégions français connaissent au moins 1h de colle pendant leur scolarité contre 21% en Grande Bretagne, 17% en Allemagne et 15% en Espagne....
  • 10% des collégiens connaîtront une exclusion temporaire pendant leur scolarité, contre 2% ailleurs...
  • En Ile de France, le nombre de collégiens exclus de cours chaque jour correspond à l'effectif entier d'un collège de taille moyenne...

On ne sait plus que penser.... parce qu'en même temps, la France a le record des pays de l'OCDE sur le temps passé par les enseignants à mettre de l'ordre dans les cours... Peut-être que nous les parents avons aussi notre rôle à jouer... au moins en parler avec les enseignants pour voir comment améliorer...

Alors une réduction de 2600 postes ou seulement de 465 en lycée en 2019 ?

Cet été l'Education Nationale annonce  -2600 postes en lycée en France en 2019 puis courant décembre, finalement seulement - 465 postes (dont + 130  chez nous à Créteil )... C'est à n'y plus rien comprendre.... En fait c'est très simple. et cela semble juste..

  • Cet été l'Education Nationale a bien annoncé  + 2175 postes d'enseignants en plus dans le primaire, bien que les effectifs soient en baisse, en cohérence avec la priorité de mettre le paquet sur le primaire pour que tous les enfants partent bien du bon pied en classe.... Mais, en même temps, le Minsitère annonce  - 2600 postes dans les lycées, bien que les effectifs s'accroissent de 32 000 lycéens, ce qui n'est pas une paille... C'est là qu'on s'est énervé...
     
  • Juste avant les vacances de Noel, le ministère précise sa pensée, - 2600 postes, oui mais on augmente le volant d'heures supplémentaires pour les profs ( hé,hé... en plus ça leur fait un petit bonus de salaire...), et du coup, tout compris, entre la baisse du nombre de postes et l'augmentation des heures supplémantaires, c'est comme si on diminuait "simplement" de 465 postes en lycée... Et comme sur Versailles et Créteil ( c'est nous), le nombre de postes augmente de + 271 postes ( 141+130).... cela fait que toutes les autres académies doivent se serrer la ceinture de 465 +271 = 606 postes... pour nous payer nos 271 postes en plus...

 

Une militaire à la tête de l'action pédagogique...

La colonel Rachel-Marie Pradeilles-Duval, ingénieure en chef de l'armement vient d'être nommée cheffe du service de l'instruction publique et de l'action pédagogique à la Dgesco.

Ce poste est stratégique pour l'Education Nationale puisqu'il fait appliquer les réformes pédagogiques sur le terrain, pilote les examens, dirige les écoles et établissements du socle commun et des lycées et la formation des enseignants.

C'est la première fois que quelqu'un qui ne connaît pas l'Education Nationale est nommé à ce type de poste...  Une ouverture de l'Education Nationale à l'externe, c'est bien... mais aux militaires... ça fait drôle! A suivre

 

 

Bilan des Réseaux d'Education Prioritaire: peut encore progresser

La Cour des Comptes a rendu il y a quelques semaines son rapport sur l'efficacité du dispositif d'éducation prioritaire. Rappelons-nous. Le dispositif d'éducation prioritaire ( REP et REP+)  concerne le primaire et le collège ( et pas le lycée). Il touche environ 30% des élèves et son surcoût ( 876 €/élève) correspond à 4% du budget affecté au primaire et au collège. Il avait pour objectif de réduire les inégalités de réussite scolaire: par exemple le taux de réussite au brevet est de près de 90% dans les établissements favorisés, contre 80 à 84% dans les établissements défavorisés.

Le dispositif consiste à labelliser des établissements en REP ( réseau d'éducation prioritaire) ou REP+ ( renforcé). Il consiste en des classes à effectifs réduits ( -4 élève/classe en collège et -2 en primaire), plus de personnel de vie scolaire, des modalités pour attirer des enseignants expérimentés ( primes, plus de temps pour des projets collectifs ou des rencontres avec les parents), des méthodes pédagogiques innovantes, et un fonctionnement en réseau ( compliqué à comprendre quand on est pas du métier..)

Le constat est mitigé:

  • oui le dispositif a permis de stabiliser les écarts de niveau constatés en sixième, mais ces écarts restent très importants: entre 20 et 35% d'écarts de niveau en maths et français, écarts acquis dans le primaire. Donc s'il n'y avait rien ce serait pire encore.
  • non, le dispositif ne permet pas d'attirer et de stabiliser des enseignants chevronnés sur ces établissements
  • le dispositif n'est pas suffisamment piloté: pas de bons indicateurs, manque de cohérence, manque de suivi.
  • la mixité sociale des établissements REP, REP+  est trop faible et ils sont souvent situés sur des territoires défavorisés ( voir etude CNESCO). Or plus de mixité sociale conduit statistiquement à de meilleurs résultats et à une meilleure attractivité pour les enseignants et les familles...

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Inégalités scolaires en Ile de France

Le CNESCO ( Conseil National d'Evaluation du Système Scolaire) s'est penché sur les inégalités scolaires en Ile de France selon là où on habite, dites inégalités scolaires d'origine territoriale...Ils ont catégorisés les quartiers d'Ile de France à une maille très fine ( maille IRIS pour les connaisseurs) en: 

  • Paris et banlieues très favorisées,
  • banlieue résidentielle favorisée,
  • territoires défavorisés,
  • territoires regroupant le plus de difficultés socio-économique. Les critères sont taux de diplômés, taux de cadre, taux de diplomés du supérieur, revenu, propriétaire ou pas du logement....

Voir ici comment Champigny et Villiers, bassin de recrutement du lycée, se situent.

Le constat est navrant pour les établissements des quartiers les plus défavorisés. C'est la triple ou la quadruple peine....

  • quasi pas de mixité sociale ( voir ici, l'impact très positif de la mixité sociale)
  • 3 fois plus d'enseignants contractuels ( on ne veut bien sûr pas dire que ce sont de mauvais enseignants mais seulement qu'ils arrivent très souvent sans formation ou accompagnement pédagogique)
  • 30% d'enseignants de moins de 30 ans ( là encore ce ne sont pas de mauvais enseignants, ils sont simplement peu expérimentés)
  • 17% seulement restent plus de 8 ans dans l'établissement ( contre 28 à 30% dans les établissements des quartiers favorisés). Or la stabilité des équipes pédagogiques est majeure pour la qualité de l'enseignement.
  • 23 élèves par classe contre 25,6 dans les établissements en zone d'éducation prioritaire...

Et notre territoire à nous, il est comment?

On a vu dans des posts précédents une analyse du CNESCO sur les inégalités scolaires liées au territoires... Forcément on se demande dans quel territoire on est à Champigny ou à Villiers... La réponse... un territoire très mélangé ! Contrairement à Saint-Maur, Chennevières et Nogent qui sont intégralement vert, ie "banlieue résidentiellement favorisée"...

La carte ( nous sommes dans le "cercle" bleu...)

Territoires